USDT, USDC et DAI : les stablecoins les plus utilisés — Muhammed Akan/Shutterstock

Depuis quelques années, les stablecoins occupent une place de plus en plus importante au sein de l’univers des crypto-monnaies. Avec un cours qui réplique le plus souvent la valeur faciale d’une monnaie fiduciaire, les stablecoins apportent de la liquidité au marché crypto.


Un stablecoin, quésaco ?

Les stablecoins sont, comme leur nom le suggère en anglais, des crypto-monnaies stables. Leur mission est de représenter un autre actif financier — tel que le dollar (USD) ou l’euro (EUR) — sur une blockchain.

La valeur des crypto-monnaies les plus capitalisées, comme le Bitcoin ou l’Ether, peuvent varier de plusieurs dizaines de points (%) en une seule journée. D’autres moins connues peuvent, quant à elles, connaître des mouvements de 100 voire même 200% en seulement quelques heures : c’est une conséquence de la loi de l’offre et de la demande.
En revanche, les stablecoins ne sont pas des crypto-actifs indépendants comme le Bitcoin ou l’Ether. Ils ont un rôle de référence qu’ils assurent grâce à un principe simple : pour chaque unité de stablecoin disponible sur la blockchain (par exemple : 1 USDC), il existe une unité de l’actif de référence disponible en réalité que l’on peut échanger (par exemple : 1 USD réel).

Pour chaque stablecoin USDC (à droite), il existe un dollar USD disponible à l’échange auprès de la société Circle, émettrice du stablecoin.

Pourquoi les stablecoins ont-ils été créés ?

Depuis leur apparition en 2014, l’utilisation des stablecoins a littéralement explosé. La capitalisation totale de ce marché a récemment dépassé la barre de 130 milliards $.

À l’origine, les stablecoins ont été créés pour permettre aux investisseurs crypto de se réfugier lorsque le cours des crypto-monnaies volatiles chute. Pour sécuriser la valeur de leurs fonds en coupant leurs pertes rapidement, il est en effet plus intéressant pour eux de vendre leurs crypto contre des stablecoins et non pas contre de la monnaie fiduciaire. Cela présente l’avantage d’une vente peu onéreuse et instantanée car les stablecoins reposent, comme toutes les autres crypto-monnaies, sur la technologie de la blockchain.

Inversement, lorsqu’un investisseur souhaite prendre ses profits, il sera également plus intéressant pour lui de vendre ses crypto volatiles contre des stablecoins. Cela est d’autant plus le cas pour un pays comme la France où les plus-values ne sont pas imposables dans le cas d’une conversion en stablecoins, à l’inverse des conversions en euros qui, elles, sont soumises à la flat tax.

Comment un stablecoin conserve-t-il un cours stable ?

Il existe en réalité deux principes assurant la stabilité d’un stablecoin, en fonction de son type. Certains stablecoins sont émis par une société responsable de garantir l’échange 1:1 avec l’actif physique auquel est adossé le stablecoin ; d’autres ont recours à une régulation automatique, dérivée de la loi de l’offre et de la demande.

Les stablecoins garantis par des actifs physiques

Ce type de stablecoin est le plus simple à comprendre : il implique l’existence d’une société émettrice et responsable du stablecoin. Ainsi, pour chacun des stablecoins créés, la société émettrice doit détenir l’équivalent sous forme d’actif physique liquide — dollar (USD) ou euro (EUR), par exemple — pour pouvoir garantir l’échange, à tout instant, d’un stablecoin contre son équivalent physique.

Cette forme de stablecoins est aujourd’hui la plus répandue. Parmi les stablecoins de ce type, nous pouvons citer l’USDT de Tether et Bitfinex. Il s’agit du premier stablecoin créé et reste à ce jour l’actif le plus utilisé avec une capitalisation totale de 75 milliards $.


D’autres stablecoins utilisent le même principe : USDC de Circle (adossé à l’USD), TUSD de Techteryx (adossé à l’USD), EURS de Stasis (adossé à l’EUR)… Certains sont même adossé à l’or, comme le PAX de Paxos !

L’élément de différence majeur entre les différents stablecoins est la transparence et la régularité des audits des société émettrices (inspection des réserves en actifs physiques).

Les stablecoins décentralisés (régulés par les lois du marché)

La parité de ce type de stablecoin à un actif physique est garantie par la loi de l’offre et la demande, régulée automatiquement par un marché central.
L’exemple le plus probant est le stablecoin DAI. Des émetteurs de stablecoins DAI bloquent, via un marché central, une certaine quantité d’une crypto-monnaie volatile : l’Ether.

Supposons que le prix du stablecoin DAI augmente : l’émission de DAI contre le blocage d’Ether sera alors augmenté par l’algorithme central, répondant ainsi à l’augmentation de la demande, par une augmentation de l’offre. Inversement, si le prix du stablecoin DAI chute, l’émission sera pénalisée et répondra à la diminution de la demande, par une diminution de l’offre.

D’autres stablecoins reposent sur des principes d’équilibre offre-demande similaires, comme l’UST de Terra ou le jEUR de Jarvis Network.


Quels cas d’usage pour les stablecoins ?

Avec l’avènement de la Finance Décentralisée (DeFi) depuis 2019, les stablecoins sont mis sur le devant de la scène. Les applications décentralisées (Dapps) font beaucoup appel aux stablecoins pour pouvoir proposer les services financiers que l’on peut retrouver dans nos banques traditionnelles. Ils sont indispensables à l’adoption de cet écosystème. À titre d’exemple, les stablecoins sont les crypto-actifs de référence utilisés comme alternative au livret A, en Finance Décentralisée.

Même raisonnement pour les commerçants, qui ont toujours eu du mal à accepter le Bitcoin comme moyen de paiement. Bien que convaincus de ses avantages et de la technologie sur laquelle il repose, son caractère trop volatil ne leur permet pas d’assurer une trésorerie saine sur le long terme. Les stablecoins se présentent alors comme une solution aux commerçants désirant intégrer les paiements en crypto-monnaies.

Quel avenir pour les stablecoins ?

Les stablecoins ont réussi à prouver la solidité de leur concept et attirent ceux qui peuvent être effrayés par les soubresauts des cours des crypto-monnaies. Cependant, leur hégémonie risque d’être remise en question d’ici peu. A l’instar de la Chine qui a récemment mis en place son Yuan numérique (e-Yuan), les Monnaies Numériques de Banques Centrales (MNBC) sont en cours de développement. Leur objectif est de digitaliser l’argent liquide afin de remplacer la monnaie fiduciaire par les MNBC. Cependant, cela apporterait aux Banques Centrales un moyen supplémentaire de contrôle des populations…

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