Ça y est ! Vous avez réussi, après 13 ans d’acharnement, à placer le mot “blockchain” dans une partie de Scrabble. Vous en avez entendu parlé : cette technologie prend progressivement de l’ampleur, particulièrement dans le domaine de la finance. Vous savez que la Blockchain est là, mais vous n’en avez pas encore véritablement saisi le sens… Découvrons le ensemble !


Les systèmes du monde actuel sont opaques, indépendants et centralisés

Pourquoi ? Comment ?

De l’opacité des cycles de production…

Tous les jours, des millions de produits (alimentaires et autres) sont achetés en France. Une part de ces produits sont d’origine française ou fabriqués en France. Pour s’en assurer, les Français font confiance à l’article 39 du code des douanes et au travail pointilleux de la DGDDI pour réprimer les mentions litigieuses “Fabriqué en France”.

Avec 75% des français privilégiant les achats “Made in France”, il serait pertinent de laisser les consommateurs capables de tracer le cycle de production des produits et ainsi en vérifier leur origine. Aujourd’hui, ceci est impossible : les cycles de production sont opaques. Pour permettre une telle traçabilité, nous avons besoin de systèmes plus transparents.

Améliorer la traçabilité des cycles de production permettrait également de supprimer les 15% de médicaments contrefaits en circulation dans les pays en voie de développement, responsables de 700 000 morts / an selon l’OMS.

…jusqu’à l’inefficacité des services de santé…

Le suivi du dossier médical d’un patient est aujourd’hui complexe à cause de l’indépendance des systèmes informatiques des établissements de santé (hôpitaux, cliniques, EHPAD, …) : aucun standard de dossier médical n’est établi. En effet l’accès informatisé aux données médicales d’un patient présente des problèmes :

  • De sécurité : les systèmes informatiques des établissements peuvent être piratés

  • De confidentialité : les données des patients pourraient être utilisées à l’insu du patient

  • De robustesse : les systèmes informatiques peuvent être détruits / endommagés et provoquer une perte des données

Pour palier ce problème, nous avons besoin de systèmes informatiques robustes, confidentiels, sécurisés et inter-opérables.

…en passant par la lenteur des services financiers

En moyenne, une victime de sinistre couvert par une assurance attend 3 mois avant de toucher l’indemnisation promise par le contrat signé avec l’assurance. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces délais de traitement :

  • Le traitement à la chaîne des vérifications intrinsèques aux sinistres (qui ne peuvent être traités simultanément, faute de taille de la société)

  • La difficulté pour la victime de déclarer le sinistre

  • L’ultra-hiérarchisation des équipes internes à la société d’assurance qui augmentent les délais de communication

Un seul département de la société d’assurance est responsable des traitements et des vérifications liées à la déclaration d’un sinistre. Pour pouvoir être effectués simultanément et accélérer le processus de traitement global, ceux-ci doivent être décentralisés — gérés par plusieurs équipes responsables.


La Blockchain, une solution en quelques mots

Le site Économie du gouvernement a très bien défini, de manière concise, le principe de la blockchain :

La blockchain est en premier lieu une technologie de stockage et de transmission d’informations. Cette technologie offre de hauts standards de transparence et de sécurité car elle fonctionne sans organe central de contrôle. Plus concrètement, la blockchain permet à ses utilisateurs — connectés en réseau — de partager des données, sans intermédiaire.

Schéma par Blockchain France

N. B. : Lorsque nous parlons d’une transaction, nous ne parlons pas seulement finance ! Il s’agit (la plupart du temps) d’une transaction d’informations, c’est-à-dire un message contenant des données à partager ou à inscrire dans la chaîne de bloc ! Par exemple, je peux choisir d’inscrire mon nom et mon prénom sur la blockchain.

Parce qu’elle est sécurisée, publique et robuste, la blockchain est un moyen d’adresser des solutions aux problèmes évoqués plus haut :
Dans le domaine de la production
Pour tracer de manière transparente le cycle de production d’un produit : la blockchain permettrait de rendre transparent les flux de ressources dans le monde entier, via des transactions

  • En Santé
    Pour permettre d’échanger des données partielles sur les dossiers des patients : grâce au principe de la preuve à divulgation nulle de connaissance, il suffit d’interroger la blockchain sur des questions spécifiques de santé du patient

  • En Actuariat
    Pour faciliter les déclarations et indemnisation de sinistres : les interactions survenant directement sur la blockchain, il serait plus simple de déclarer, vérifier (via un ou plusieurs quorums) et indemniser les sinistrés

  • En Finance : pour simplifier les virements bancaires internationaux

  • En Justice : pour accélérer les processus de vérifications et jugements

  • Dans l’événementiel, le commerce, l’art : pour faciliter la preuve de possession et d’authenticité d’un bien ou d’un droit

  • Et beaucoup d’autres domaines…


La blockchain ne permet pas seulement d’échanger des cryptomonnaies

La blockchain est née avec Bitcoin en 2008, un nouveau système monétaire donnant naissance au terme “cryptomonnaie” (crypto de cryptographie, domaine scientifique s’attachant à sécuriser l’échange de messages). Mais le réseau Bitcoin a démocratisé la blockchain sous sa forme primitive : celle qui ne permet que d’échanger des bitcoins.

Depuis, d’autres blockchains ont vu le jour, chacune avec leur cas d’usage et leur propre cryptomonnaie (celles-ci sont nécessaires pour inciter les utilisateurs à maintenir la blockchain). Plus particulièrement, le projet Ethereum a développé le principe de la blockchain en 2015 en permettant de stocker et d’échanger des informations.

La blockchain n’est pas un moyen de blanchir de l’argent

Bien que l’anonymat règne sur la blockchain (et ce pour des raisons de confidentialité nécessaire dans certains domaines), toutes les transactions sont traçables, puisque tout le contenu de la blockchain est publique. Ce qui signifie que l’origine, les échanges et la destination de toute transaction est connue et vérifiable par n’importe quel utilisateur : il en découle que les utilisations frauduleuses et le blanchiment d’argent via la cryptomonnaie sont encore plus difficiles qu’avec la monnaie fiduciaire (dont les transactions sont opaques).

En réalité, selon les études d’Europol et de Chainalysis, les activités illicites en cryptomonnaies représentent 0,3% à 3% des volumes d’échanges. C’est 10 fois moins qu’avec la monnaie fiduciaire !

En somme, la blockchain Bitcoin n’était que la première étape : plusieurs blockchains ont vu le jour depuis l’apparition du Bitcoin. Ethereum, Polygon, Avalanche, Solana, Polkadot, Cosmos (et bien d’autres !) participent, grâce à des millions de personnes, au développement de la technologie, pour mener les systèmes du monde entier vers une façon différente de fonctionner ensemble.

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